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12 janvier 2014

Jean-Michel Jarre: sa musique ne doit rien à papa (Paris-Match, 01/01/1977)

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Ce n’est pas souvent drôle d’avoir un père célèbre, tous les fils à papa vous le diront. Tous, sauf Jean-Michel Jarre, fils de Maurice Jarre qui fait six musiques de films par an depuis vingt ans à Hollywood, où il connaît gloire et fortune : «Lawrence d’Arabie» et «Docteur Jivago», c’était lui. Son fils Jean-Michel, vingt-neuf ans, vient de faire des débuts éclatants, sans problème : son album «Oxygène» est premier au hit-parade européen, dans les tout premiers aux Etats-Unis et il a déjà reçu trois disques d’or. Bachelier à seize ans, licencié ès lettres, Jean-Michel Jarre, en même temps que ses études littéraires, a suivi les classes d’harmonie, de contrepoint et de fugue au Conservatoire de Paris.
Puis il s’est orienté vers la recherche musicale, dans le groupe animé par Pierre Schaeffer. Il y a découvert au-delà de la gamme traditionnelle, l’ensemble des sons qui forment notre environnement acoustique, base de la musique concrète. Il a été l’un des premiers en Europe à travailler sur un synthétiseur, cette étrange machine électronique à reproduire et transformer les bruits. Mais il s’est retrouvé dans une impasse.


Aussi, mieux qu’un titre, «Oxygène», c’est un programme : «Je veux que ma musique soit un bol d’air frais et doux. Je m’adresse à la sensibilité. Je ne veux pas faire une musique qu’on écoute la tête entre les mains.» Ce qui ne l’éloigne pas radicalement de la musique paternelle, bien qu’il affirme n’avoir subi aucune influence qu’une disposition héréditaire à charmer : "Mes parents ont divorcé quand j’avais cinq ans. Mon père s’est installé à Hollywood et je le voyais tous les deux ans. Nous nous rencontrons régulièrement, nos rapports sont excellents, mais ce sont des rapports d’ami à ami, pas de père à fils."
Un type de rapport qu’il cultivera bientôt avec David, deux mois, son fils, qui est aussi celui de Charlotte Rampling. David-charlotte-Jean-Michel se sont installés pour l’instant à Paris. David découvre la vie. Charlotte a décidé de se reposer après « Un taxi mauve », dont elle est la vedette féminine et Jean-Michel travaille évidemment à un deuxième disque qui sortira en septembre avec une innovation ambitieuse : le disque sera accompagné par une vidéocassette, un film réalisé aussi par Jean-Michel Jarre et qui sera la version image de la musique. Image et son comme papa.

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11 janvier 2014

La Concorde tricolore (Paris-Match, 15/07/1979)

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:: Article de Paris Match sur le Concert de la Concorde :: Paris bleu – blanc – rouge, la grande de la place de la Concorde pour le 14 Juillet était à annoncée 22 heures. Arriver à une heure et demie à l’avance était raisonnable. L’air était doux, et on pouvait espérer un endroit où on pouvait s’inslaller comodément. Mais non. Des rues convergent et des Champs-Elysées – jalonés par des vendeurs de saucisses et par les cars des forces de l’ordre se déversait une foule flâneuse qui trébuchait sur les innombrables super-prudents. Beaucoup étaient déjà assis à même les pavés. Certains étaient carrément allongés, faisant semblant de bronzer comme sur une plage surchargée. D’autres encore étaient debout, un peu hésitants, surtout les femmes à hauts talons, prêtes pour les bals de nuit. Au milieu, un malin vendait des canettes de bière dans un baquet d’eau fraîche. Près des barrières, des jeunes gens offraient contre 2 francs un quartier de pastèque.

:: Les nostalgiques de Woodstock ::
Parvenus en face de l'échafaudage encadré de deux panneaux ('Mairie de Paris" en rouge et "Europe 1" en bleu) tout espoir de confort minimum était perdu, d'autant plus que le public s’épaisslssait par flots. Un public détendu et hétérogène. Un peu comme à la Fête de l’Humanité : des familles traditionnelles, des couples jeunes et vieux des bandes de jeunes cadres bien coiffés, des nostalgiques de Woodstock. Avec, en plus nombre incroyable de cosmopolites et quelques habitués nocturnes des bosquets des Tuileries, venus prendre un bain d’innocence.

Restait donc à repartlr à contre-courant, attelndre la rue du Faubourg-Saint-Honoré pour tenter sa chance de I’autre côté de la place. La rue Royale était barrée. Les gendarmes, souriants, mals Incorruptibles, réslstaient aux sourires et aux sollicitations du genre : "Je veux seulement prendre un verre chez Maxim’s", Quant aux autres rues, elles étalent totalement engorgées, et la foule se déversail toujours. Restait donc à courir jusqu’à sa télévision pour la retransmlssion sur TF1 et en Eurovision. Après un faux départ, un long blanc meublé n’importe comment par le présentateur Claude Dufresne, on a entendu la musique de Jean-Michel Jarre qui a conçu l’ensemble du spectacle. Et surtout on l’a vu lui. On l’a vu manipuler ses consoles et ses synthétiseurs, ôter et remettre son casque, s’angoisser, fermer les yeux, prendre un air inspiré. On pouvait croire que Paris le fêtait. On a vu quand même la partie audiovisuelle, les images scandées au rythme de la musique, projetées sur les pierres des hôtels, des paysages, des animaux irréels, des gravures du temps, des photos d’aujourd’hui, des desslns genre Pop’art un petit peu désuets… Elles étaient montrées en gros plan ou se partageaient l’ecran avec Jean-Michel Jarre, et on ne se rendait pas compte de l’effet produit sur place. Mais trois gendarmes mobiles, interviewés sur Europe 1 – Qui diffusalt également la fête en direct, – ont declaré émus, qu’il "fallait le voir pour le croire". Et la soirée s’est terminée par un feu d’artifice sur les fontaines éclairées, fantastique, féerique, une grandloss splendeur. On n’a encore rien inventé de plus beau que ces joyaux d’un instant.

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10 janvier 2014

Concert suivi par plus de 50 000 Egyptiens ravis (Libération, 3/1/2000)

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Un brouillard aussi dense qu’inattendu, un site difficile d’accès et mal desservi, des services de sécurité omniprésents: tout était réuni pour qu’au pied des pyramides, le mégashow du passage à l’an 2000 concocté par Jean-Michel Jarre tourne au fiasco. Au final, des dizaines de milliers de jeunes Egyptiens sont pourtant repartis enthousiastes du plateau de Guizeh, souvent bien après le lever du soleil qui marquait le début d’une nouvelle journée de jeûne du ramadan.

Dès la fin de l’après-midi, Jarre avait senti que son affaire était mal engagée. «Quand, depuis la fenêtre de sa suite, il a vu la brume monter vers les pyramides, Jean-Michel a commencé à angoisser", raconte Jean-Claude Camus, le producteur des Douze rêves du Soleil. Nous sommes tous un peu tristes. Nous avions un énorme potentiel d’images qui, projetées sur les pyramides, donnaient un effet extraordinaire. Avec ce brouillard à couper au couteau, une partie de l’oeuvre a été escamotée.» En fait, quand le musicien monte sur scène vers 22 h 30, le brouillard a avalé la totalité de la plus grande pyramide, celle de Khéops. Khéphren est à peine visible. Seule Mykérinos, la plus petite, est assez proche pour permettre aux lasers de percer la purée de pois. Du coup, tout repose sur l’animation pyrotechnique.

Oum apparaît. Dès la salve d’ouverture, la clameur montre que la foule est là pour s’amuser. Pour ceux qui avaient oublié que la moitié de la population égyptienne a moins de 20 ans, le choc est rude. La jeunesse a pris d’assaut l’immense esplanade recouverte d’un parquet de bois pour empêcher que les piétinements ne dégénèrent en tempête de sable. Derrière, sur une hauteur, les touristes, les VIP, le président Moubarak et ses ministres dînent à l’intérieur de gigantesques tentes. En face, Mykérinos passe par toutes les couleurs. Mais il faut avoir un poste de télévision pour vraiment distinguer l’apparition du dieu faucon Horus sur la pyramide. Jean-Michel Jarre ayant eu la bonne idée d’«arabiser» son show électronique, le duo avec Natacha Atlas (C’est la vie) est un succès. Mais le moment le plus applaudi reste l’apparition de la star défunte Oum Kalsoum, dont le visage s’étale sur Mykérinos pendant qu’Amal Maher, une soliste de 14 ans, chante Chams al Assil (Soleil du crépuscule).

Tous ensemble. Jeans, blouson, pour les garçons, pantalon moulant, manteau de marque pour les filles, téléphone portable pour tous: la jeunesse dorée cairote est là. Mais pas seulement. On est aussi venus des quartiers populaires. Vers minuit, ils sont au moins 50 000 à célébrer la fin du millénaire. «C’est génial, on est vraiment tous ensemble», s’étonnerait presque Achraf, un jeune ingénieur. Au Caire, seul le football peut rassembler jusqu’à 100 000 personnes au stade. Pour le reste, c’est le néant ou presque. Même les stars de la geel, la variété populaire, donnent peu de concerts ­de toute façon, rarement devant plus de 1 000 personnes. Lamia se souvient bien d’un feu d’artifice en 1987, «mais rien à voir avec ça!»

Ça, c’est pêle-mêle les fusées qui claquent dans le ciel, les dizaines de figurants qui courent torches à la main dans le désert, les lasers… «Fantastique!» «Superbe!» Difficile de trouver un grincheux. Pourtant, certains sont arrivés sur le site vers 1 heure, trente minutes avant la fin du concert! La faute aux contrôles très stricts, et surtout au service de navettes, mis en place pour éviter un engorgement de la seule voie d’accès, et qui a été totalement débordé. Ahmed est accroché à l’extérieur du bus qui le ramène vers Le Caire. Il s’en fiche. «C’était fabuleux.»

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09 janvier 2014

Un rêve de gosse au pied de l’Acropole (Le Monde, 22/06/2001)

Après les pyramides d’Egypte pour le passage à l’an 2000, Jean-Michel Jarre a donné trois concerts à Athènes, de lundi à mercredi, au pied de l’Acropole, à l’odéon d’Hérode Atticus, réunissant plusieurs milliers de spectateurs. Pour l’occasion, il avait composé un "Hymne à l’Acropole", dont il devait remettre la partition aux autorités grecques.

Le compositeur français, bien connu en Grèce, a pu ainsi réaliser un "rêve de gosse" et se faire plaisir. "C’est un immense privilège de jouer dans un lieu si prestigieux où des artistes se produisent depuis deux mille ans", nous a-t-il confié. L’odéon, qui peut accueillir 5 000 personnes, a été construit en 161 apr. J.-C. aux frais d’Hérode Atticus, célèbre rhéteur sophiste et précepteur de Marc Aurèle, qui deviendra un grand mécène pour toute la Grèce romaine.

"La meilleure façon de célébrer ces lieux antiques, c’est de les intégrer dans la vie actuelle et non de les enfermer sous une cloche à fromage, de les pétrifier dans le passé" a-t-il estimé.

Le projet date du temps de Mélina Mercouri, mais le décès de la ministre de la culture, en mars 1994, a fait capoter le plan. Ambassadeur de l’Unesco, Jean-Michel Jarre a relancé le projet l’an dernier, immédiatement adopté par Marianna Vardinoyannis, épouse d’un grand magnat grec et, elle aussi, ambassadrice de l’Unesco. Président d’Elpida, association grecque des amis des enfants atteints du cancer, Mme Vardinoyannis a organisé les trois concerts dans le cadre du Festival d’Athènes et des olympiades culturelles pour les Jeux d’été de 2004, au profit de son organisation. Les recettes seront destinées à la construction en Grèce du premier hôpital pédiatrique spécialisé dans les maladies cancéreuses. Cinq pour cent des fonds recueillis seront versés à l’organisme chargé de la construction du nouveau musée de l’Acropole et à la Fondation Mélina Mercouri, dirigée par Jules Dassin, qui lutte pour le retour en Grèce des "marbres du Parthénon".

Jean-Michel Jarre n’a pas manqué d’ajouter sa pierre à ce combat national, en déclarant soutenir le retour à Athènes des fameuses frises enlevées au XIXe siècle par Lord Elgin et conservées depuis au British Museum. Il n’en fallait pas plus pour que le compositeur français se voit salué comme un nouveau "Philhellène".

C’est par Oxygène 4 que le compositeur commence son concert et lance son "Hommage à l’âme immortelle de la Grèce antique qui a laissé son empreinte à travers les âges". La représentation enchaîne ensuite avec les grands succès remodelés d'Oxygène à Métamorphoses, Acropolis. "Un mélange de musique électronique et symphonique" que le compositeur "a conçu comme une musique de film".

:: Poulpes géants ::
Toutes les compositions sont "habillées" d’un arrangement visuel projeté sur lemur à arcades qui surplombe le fond de la scène. Pendant deux heures, le spectateur est assailli tantôt d’images géantes alliant les masques antiques qui crachent de la fumée aux visages pop’art, tantôt par un défilé de poulpes géants, ptérodactyles, fourmis carnassières dans Magnetic fields 1. Un téléscopage de la modernité sur les vestiges de l’Antiquité.

Dans Chronologie 3, au milieu de la première partie, Jean-Michel Jarre présente sa nouvelle harpe musicale. Composée de rayons verts, qui fusent dans la nuit, la harpe laser a été améliorée pour répondre à un souci de "vélocité". A la harpe répondait l’accompagnement à la guitare électrique d’un excellent Patrick Rondat, "un des dix meilleurs guitaristes au monde", assure le compositeur.

Outre Patrick Rondat, qui se déchaîne dans Vivaldi, Jean-Michel Jarre a fait appel à Francis Rimbert au clavier, Christophe Papendieck à la basse et Laurence Faucheux à la batterie. L’accompagnaient également la formation symphonique grecque "Enarmonia" dirigée par Chrysanthos Alisafis, la soprano Vasiliki Karagianni, ainsi que la chorale municipale d’Athènes dirigée par Stavros Beris et un choeur d’enfants d’une banlieue du Pirée mené par Dimitris Kanaris.

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08 janvier 2014

En quête d'éphémère (Tribune de Genève, 27/11/2007)

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Trente ans après, le musicien français rejoue «Oxygène». Rencontre.

On retient son éternelle jeunesse d’homme-cosmonaute maniant un drôle de clavier. Jean Michel Jarre, ses mélodies dansantes et ses nappes de son planant entre les buildings d’Houston ou les clochers de Lyon ont marqué les esprits en imposant la formule du «mega concert». Mais avant de faire exploser le light show dès 1979, Jarre s’est distingué parmi les premiers compositeurs de musiques électroniques grand public.
Si, aujourd’hui, l’équation semble aller d’office – notamment depuis l’avènement de la techno – il en allait tout autrement en 1977, lorsque sortait Oxygène. Faux premier disque et vrai début commercial, le fameux album reparaît trente ans après, avec les explications de son auteur.

Il y a trente ans, quel était l’état d’esprit?
On avait une vision poétique du futur. En 1977, il y avait de l’irrationnel dans la technologie. Pour ma part, j’avais un fantasme, faire le pont entre la musique expérimentale à laquelle je m’étais formé et la pop music.

En 2007, pourquoi rejouer «Oxygène»?
Cet album, je l’ai pratiquement fait dans ma cuisine. Dans ce qu’on appellerait aujourd’hui un «home studio». Déjà à l’époque, j’avais envie de faire cela dans un grand studio avec les instruments d’alors, les synthétiseurs analogiques.

Quelle est la particularité de ces instruments?
Mellotron, Farfisa ou ARP sont à la base de l’electro. Au même titre que les violons Stradivarius, leur fabrication s’est arrêtée brusquement. Ceux que l’on emploie aujourd’hui datent par conséquent d’il y a trente ans. On les voit comme déshumanisés, froids. Comme les synthétiseurs numériques d’aujourd’hui. En fait, Mellotron et consort sont très poétiques. Un mélange de bois, de transistors et de lampes.

Aujourd’hui, vous jouez «Oxygène» en live. Etait-ce possible en 1977?
Ça ne se faisait pas. La musique électronique, c’était avant tout du laboratoire. Car autant les instruments rock sont venus de la scène pour être ensuite électrisés, autant les synthétiseurs analogiques sont nés en studio pour en sortir.

«Oxygène», c’est quoi au juste comme musique?
Une musique impressionniste. A l’inverse de Kraftwerk, qui se rapportait à l’expressionnisme allemand, à la froide robotique de Metropolis. J’étais obsédé par autre chose: rien ne devait se répéter à l’identique. C’est pourquoi chacune des séquences est jouée à la main. Cela donne des accidents. De même, nous n’arrivions jamais à accorder exactement tous les instruments.

Quel regard portez-vous sur les musiques d’aujourd’hui?
Nous sommes dans une équation de recyclage. C’est une démarche écologique où rien n’est inédit. Les créateurs du XXIe siècle n’ont pas l’innocence d’avant. On écoute les sixties comme Beethoven ou Chopin. Désormais, lorsque l’on joue du rock, il y a trente ans d’histoire derrière. C’est pourquoi on retourne vers des instruments comme le Mellotron, dont la mémoire ne dépasse pas sept secondes. Trente ans, après on recherche à nouveau l’éphémère. Moi-même, j’ai toujours eu l’impression de faire des brouillons.

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