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19 janvier 2014

500 millions de Chinois et lui, et lui (VSD, 29/10/1981)

Accompagné de sa mère, de Charlotte Rampling, de 65 musiciens et techniciens, le créateur des «Chants magnétiques» a étonné les pékinois qui ont décidé de diffuser le concert à la radio (500 millions d’auditeurs) et à la télé (30 millions de téléspectateurs). Evidemment le Stade des ouvriers de Pékin, ce n’est pas le Golf Drouot au temps houleux du yé-yé : iI n’y a pas eu de chaises cassées lors des deux concerts que Jean-Michel Jarre a donnés devant les chinois. Mais ce fut cependant un sacré succès pour le créateur d’Oxygène et des Chants magnétiques en particulier, et pour "la musique décadente occidentale" en général qui pour la première fois franchissait les portes de la Chine éternelle et communiste. Les spectateurs avaient commencé à se masser en pleine nuit devant le stade pour attendre I’ouverture des guichets à 9 h 30 du matin. Au total, quarante mille billets vendus à 1 yuan pièce (environ 3 francs sur lesquels I’artiste ne touchera aucun pourcentage. Il est I’invité du ministère de la Culture chinois qui a pris en charge tous les frais de I’équipe à partir de sa descente d’avion.
Jean-Michel Jarre n’avait lésiné ni sur l’apparât ni sur l’appareillage iI a débarqué avec 12 tonnes de matériel, trente synthétiseurs, trente-cinq amplis, cent vingt haut-parleurs. des instruments hyper-sophistiqués comme la harpe aux cordes en rayons laser, une batterie électronique de 2 centimètres d’ épaisseur, un écran de tulle pour des projections laser d’idéogrammes chinois, etc. Et le public a été conquis par surprise car si la Chine des mandarins a inventé le feu d’artifice, les enfants de Mao ne connaissaient pas le laser. Du coup la télévision (trente millions de téléspectateurs) et la radio (cinq cents millions d’auditeurs) ont décidé de retransmettre le concert, et les autorités ont prié le musicien de bien vouloir ajouter un troisième récital à Shanghai aux deux initialement prévus.

Jean-Michel Jarre a donc gagné son pari. Au prix de pas mal de péripéties… D’abord l’équipe du musicien comptait finalement soixante-cinq personnes au lieu des trente convenues à l’origine. Or à Pékin il n’y a que six grands hôtels qui sont déjà pleins à l’année avec les délégations politiques étrangères et les cadres des grandes sociétés internationales. Alors, rien que pour loger les techniciens supplémentaires, ce fut une gageure. Ensuite les autorités ne comprenaient pas pourquoi Jean-Michel Jarre insistait pour se mettre à répéter dans le stade dès son arrivée, quatre jours avant le premier concert. Il fallut de délicates négociations pour faire ouvrir les grilles et installer le matériel.

Jean-Michel Jarre craignait surtout les problèmes d’électricité. Des raccordements spéciaux avaient été branchés sur le secteur. Il restait cependant des déperditions de courant terribles entre les prises et les appareils. Or un synthétiseur sans électricité, c’est a peu près aussi intéressant qu’une guitare sans cordes. Mais, à grands renforts de techniciens et d’interprètes, tout rentra dans l’ordre. Et les répétitions purent commencer. Jean-Michel Jarre, pour les vingt dernières minutes de son spectacle avait voulu s’entourer de trente-quatre musiciens du Conservatoire de Pékin, afin de faire le mariage de l’électronique et des instruments ancestraux chinois sur une mélodie traditionnelle Barques de pèche au soleil couchant. lIs s’étaient rencontrés en février dernier pour mettre au point le morceau. Ensuite ils avaient travaillé sur cassettes qu’ils enregistraient et se faisaient passer par l’entremise de l’ambassade de France. II leur restait cependant à accorder leurs instruments sur scène.
Ce fut lors du spectacle le moment le plus applaudi, sans doute parce que le public, d’abord ébahi par cette débauche de sonorités électroniques, se retrouvait enfin en pays de connaissance. Et si de nombreux spectateurs se levèrent avant la fin, ce ne fut pas par ennui. Mais simplement parce que le dernier bus pour le centre ville quittait le stade à 22 h 30.

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18 janvier 2014

Jean-Michel Jarre le Louis XIV du synthé (Le Parisien, 24/09/1993)

coupure presse,1993,mont-saint-michel,europe en concert,versaillesC'est inouï ! Jean-Michel Jarre a transformé le château de Versailles. D’emblée, c’est ce qui frappe l’oeil en arrivant place d’Armes, devant l’édifice royal. L’ampleur de la scène sur laquelle il donnera ce soir son grand concert, entre 21 h 30 et 23 h 15, est telle qu’elle donne l’impression qu’un nouvel édifice a été construit. Il faut dire que le Louis XIV du synthé n’a pas lésiné sur les moyens. La scène installée juste devant le château mesure deux cents mètres de large. Une dizaine d’immenses tours ressemblant à des buildings la composent. Certains sont hauts de vingt-cinq mètres, comme si une cite imaginaire avait été recréée. C’est sur ces tours que seront projetés ce soir les effets laser et les images du megashow. Plus de quatre vingt mille spectateurs, pour ne s’en tenir qu’aux seuls billets vendus, auront ainsi l’impression de s’évader dans un gigantesque clip, dans un univers, en tout cas, plus proche de celui de Meliès ou de Vittorio de Sicca que de celui de Steven Spielberg, le réalisateur du film «Jurassic Park», même si l’occasion sera donnée de voir de gigantesques images de dinosaures… On l’imagine aisément, les préparatifs sur le site ont demandé une organisation colossale. Mercredi soir, comme hier soir encore, la célèbre Place d’Armes était une véritable ruche.

Ce soir, cela sera vraiment de la folie. Le public sera massé principalement avenue de Paris. Quand on sait que la longueur et la largeur de cet axe, qui fait face au château, sont comparables à celles des Champs-Elysées, on peut s’attendre à ce que le nombre de spectateurs dépasse les cent mille personnes.

Le Parisien : Quelle a été la plus grosse difficulté dans l’organisation de votre show versaillais ?
Jean-Michel Jarre. – C’est beaucoup plus compliqué que dans un stade fermé. Une foule de gens, d’origine très différente (collectivités locales, sécurité, commission des sites historiques…) sont en effet impliqués; D’importants problèmes logistiques doivent aussi être pris en compte. Globalement, l’organisation s’est plutôt très bien déroulée avec une municipalité qui souhaitait depuis longtemps me voir faire quelque chose à Versailles. Déjà, à l’époque de la célébration du bicentenaire de la Révolution, j’avais été contacté.

« L.P.». – D’où vient votre intérêt pour le site de Versailles ?
J.-M.J.- Pas uniquement du fait de l’existence du château de Versailles. On ne m’a pas attendu pour qu’il brille! Mon but n’est pas d’y faire un son et lumière. Ce qui est intéressant dans la place d’Armes, c’est qu’elle est une sorte de théâtre naturel qui permet d’acceillir les gens d’une manière très conviviale, voilà pourquoi mon concert de ce soir sera complètement différent de ce que j’ai pu présenter à la Concorde ou à La Défense il y a quelques années. Ce soir, mon show se place dans le cadre de ma tournée Europe en concert. Je me balade un peu comme un escargot avec sa coquille avec un dispositif scénique que j’installe et réadapte à la particularité de chaque site.

« L.P. ». – Votre tournée a débuté le 28 juillet au Mont Saint-Michel. On se souvient des embouteillages monstres qu’il avalt suscités !
J.-M.J.- Oui, seules trois mille personnes n’ont pas pu accéder au spectacle, mais cinquante-cinq mille sont quand même parvenues à gagner leurs places. Et cent mille autres étaient autour de la baie du Mont-Saint-Michel. D’ailleurs, certains spectateurs veulent constituer une association des satisfaits du concert de Jean-Michel Jarre;

« L.P. ». – Pourtant, certains ont trouvé votre spectacle un peu ennuyeux.. Vous avez changé votre fusil d’épaule ?
J.-M.J.- Le Mont-Saint-Michel, c’était une sorte de répétition générale. Comme dans toute tournée traditionnelle, les choses ne se mettent en place qu’au bout de trois ou quatre concerts. Europe en concert est la plus grosse production qui tourne sur la route cette année, toutes productions confondues, anglo-saxonnes comprises..

« L.P. ». – On peut donc crier cocorico, d’autant ptus que vous avez rempli le stadium de Wembley avec soixante dix milles spectateurs, autant que Madonna ou Michael Jackson. Vous êtes le seul Français à l’avoir réussi ?
J.M.J.- Oui. c’était un rêve de gosse, Apres le Mont-Saint-Michel on est partis dans toutes les villes d’Europe pour faite la première tournée européenne française dans un format identique à celui des grosses productions américaines et, parfois, dans des endroits plus grands encore. A Bruxelles, devant l'Atomium, soixante-quinze mllle spectateurs étaient là. Jamais aucun artiste n’avait fait autant. Mais il ne faut pas en tirer une gloriole bébête. Cette affluence prouve tout simplement qu’il y a un savoir-faire français.

« L.P. ». - Quels sont été vos plus beaux souvenirs de cette tournée ?
J.-M.J.- Manchester ! Le public était très nerveux. J’avais I’impression d’être dans le sud de l’Espagne. Manchester, c’est une ville très dure avec le chômage. Son état est celui de l’Est avant la chute du mur. Du fait des skinheads, une énorme violence règne. C’était hallucinant ! A l’entrée du stade, il y avait des vrais et des faux tickets, les vrais et les faux tee-shirts. Certains vendaient de la drogue ou des armes. J’ai aussi eu peur de ne voir aucun spectateur car, ce jour-là, Manchester et United disputaient un match de football. C’était comme jouer à Marseille le jour où il y a un match de l’O.M. !

« L.P. ». - Vous vous êtes produit au stade-Vélodrome en pleine tempête de l’O.M. Cela n’a pas été trop difficile. ?
J.-M.J.- Le public de Marseille avait besoin d’être remonté. Surtout dans un endroit où il y a eu tant d’émotions fortes. Ce fut une sorte de chant du cygne provisoire.

« L.P. ». – Après tous ces concerts, vous n’êtes pas sur les rotules ?
J.-M.J.- Si, je suis vraiment crevé. J’ai perdu presque dix kilos. Je suis même au-delà d’être épuisé. Quand on ne dort pas pendant quatre ou cinq mois, le corps s’habitue. Il y a tellement de problèmes tous les jours. Europe en concert, c'est plutôt un gros paquebot qu’une navette spatiale.

Propos recueillis par Yves Berton

:: Plus rythmé qu’au Mont Saint-Michel ::
JEAN MICHEL JARRE était à Montauban, mardi soir. Au grand stade, exactement. L'ambiance était bon enfant. Certaines grand-mères des pavillons voisins avaient sorti leur chaise pour profiter du show depuis chez elles. D’autres avaient loué leur bout de jardin aux vendeurs de merguez… Jarre a repris tous les morceaux de son dernier album «Chronologie». Mais, à l’opposé de sa «première» du

17 janvier 2014

Jarre prêt pour les Minguettes (France Soir, 01/05/1989)

Il veut accompagner d’un concert l’implosion du quartier de Vénissieux.
Octobre 1988. Jean Michel Jarre rend un hommage à la Révolution avec un grand R. A sa façon : décors gigantesques dans les docks abandonnés de Londres, scène posée sur la Tamise justement agitée ce soir-là. Bouquets de lumière balayant le ciel furieux. Une danseuse japonaise évolue dans la tempête. Une chanteuse arabe vocalise sous la pluie. Hank Marvin, le guitariste des Shadows, se livre à un duo héroïque. La chorale des enfants de New Ham (lieu du concert) chante emmaillotée dans des gilets de sauvetage. Jean Michel Jarre articule (Ré-vo-lu-tion) et deux cent mille spectateurs oublient qu’il fait froid sur les rives de la Tamise ce soir-là.
« Ces deux concerts ont pris très vite des mesures apocalyptiques. Finalement comme si les dieux étaient avec nous, le miracle a opéré » dit aujourd’hui Jean Michel Jarre, ravi de se plonger dans les cartes postales visuelles du film que vous verrez ce soir sur Antenne 2 à 22 h 30, « Destination Docklands ». Un document qu’il présentera à 13 heures dans le journal de William Leymergie (A2).
« Je crois que c’est le film de mes concerts que je préfère. D’abord parce qu’il n’est pas un film de concert, un film tout court. » Fasciné par les images baignées d’une lumière particulière à cause de la pluie, Jean Michel Jarre a tenu à devenir assistant au montage. Dans la marche révolutionnaire, deux cents techniciens français, dix musiciens de rock, une partie du Philarmonic de Londres, Sari Bamba qui conduit les choeurs du Mali et chante solo sur « Dulcie September ». Dix-huit caméras vidéo se cachaient. Elles ont saisi les imprévisibles instants des deux événements éphémères.
Les concerts de Jarre sont devenus des voyages initiatiques dans l’espace et dans le temps. Après la Chine et les Etats-Unis, Jarre retourne sur le chemin de son école à Lyon, une première fois il y a deux ans. Le concert dans la ville des deux fleuves se déroule sous les yeux de Jean Paul II en visite. Le « bonsoir » du Pape tiendra d’ailleurs un rôle impromptu dans la bande du concert enregistré.
Les rythmiques du musicien n’accompagneront pas les défilés du 14 juillet cette année à Paris. « Je ne tiens pas à la symbolique du Bicentenaire, précise-t-il. Ce qui m’intéressait d’était de trouver un concept qui ne soit pas lié directement à 1989. »
Jean Michel Jarre planche désormais sur un nouveau projet aux Minguettes, ardemment soutenu par la ville de Lyon et son maire Michel Noir, le maire de Vénissieux, M. André Gérin, Charles Millon, président du conseil régional Rhône-Alpes, et Jack Lang, ministre de la Culture. Jarre a rencontré à ce sujet le ministre, hier, à Blois.
Septembre 1989, l’implosion des immeubles des Minguettes risque fort d’être accompagnée d’un grand concert… si le préfet de région revient sur son interdiction formulée vendredi. [Note du bloggueur : le concert n'aura jamais lieu] La reconstruction, pensée par un des quatre-vingt-dix architectes de renommée mondiale qui concourrent, sera visualisée d’une manière poétique. Le cardinal Decourtray, enthousiamé par cette idée, a estimé :
« Célébrer la transformation des Minguettes, c’est faire échec à l’échec. »
Dans ce site désolé, où les étages des dix tours inhabitées depuis six ans s’écroulent, un nouveau lieu architectural, plus humain et chaleureux, va s’animer :
« C’est la reconnaissance d’une nouvelle manière de pensée de la cité qui inclut une vision futuriste et sociale, dit Jean Michel Jarre. Nous allons fêter la mutation de la ville pour la reconstruire en lumière et en images.
L’implosion des immeubles en direct. L’événement musical et culturel intéresse déjà de nombreuses télévisions, des Etats-Unis à l’U.R.S.S. « Chacun a ses Minguettes dans le monde entier. »
Pour l’instant, Jarre prépare son « Champs-Elysées » de samedi. Un concert pour les cent de la tour Eiffel, en direct avec Drucker.

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16 janvier 2014

"Le compact-disc révolutionne la hi-fi" (Télé 7 jours, 16/03/1985)

coupure presse,1985


Jean-Michel Jarre, qui a vendu vingt millions de disques dans le monde entier – et dont le dernier 33 tours Zoolook est déjà classé au "Top 20" – a été l’un des premiers visiteurs; du Festival du son et de I’image qui se tient jusqu’au 17 mars au CNIT, à la Défense. II est passionné par les nouveautés techniques en matière d’audiovisuel et nous dit pourquoi.

Vous êtes l’un des rares, en France, dont les oeuvres sortent à la fois en disques "classiques" et en compact disc. Pourquoi croyez-vous en cette nouvelle technique ?
Le compact disc est appelé à remplacer, d’ici quelques années, les bons vieux 33 tours. C’est une véritable révolution. Imaginez que lorsque j’écoute chez moi un disque sur un lecteur à laser, c’est comme si j’étais assis devant des musiciens qui jouent. C’est comme si vous écoutiez un master (l’épreuve qui sert de matrice pour le pressage des disques), tant les qualités des enregistrements sont excellentes. Chaque disque compact est en soi un original que chacun peut acquérir. J’ai déjà commandé le petit baladeur qui est au compact-disc ce que le walkman est à la cassette. J’ai également commandé un appareil pour ma voiture qui va être commercialisé très bientôt.

Oui, c’est une des nouveautés que l’on peut voir au Festival du son et de l’lmage.
Bien sûr, depuis longtemps je m’intéresse aux technologies audiovisuelles. D’une part, parce que, pour mon travail, j’utilise un certain nombre d’appareils tels que des synthétiseurs ou des ordinateurs, et par ailleurs je suis attiré par les phénomènes de vidéo et de communication. J’utilise, depuis très longtemps une caméra vidéo avec un portable et je viens d’acheter une videomovie. C’est un appareil qui assemble dans un même corps une caméra et un magnétoscope et qui utilise des cassettes VHSC, adaptables aux magnétoscopes de salon. C’est superbe. Très léger et maniable. J’ai un magnétoscope VHS U-Matic tristandard et un grand écran. Tout cela me sert en famille et professionnellement. Il y a des applications inouïes entre le son et l’image. Et c’est bien pour cela que je m’intéresse de très près à toutes les nouveautés.

Le son, l’image, cela nous amène aux clips-vidéo. Qu’en pensez-vous ?
Le clip, j’en ai toujours fait. D’abord pour des raisons pratiques. Voulant réaliser un disque à vocation internationale et n’ayant pas pour autant de don d’ubiquité. Il m’était difficile de le présenter personnellement dans des télés un peu partout. Et puis c’est un moyen de communication véritable. Ça a ses dangers aussi. La musique véhicule le rêve et l’imaginaire, le clip les montre. Les gens peuvent se sentir un peu frustrés. Ce qui m’intéresse le plus dans le videoclip, c’est de le considérer comme un mode d’expression semblable au cinéma ou à la bande dessinée. Ce que nous avons, par exemple, essayé de faire dans le mien avec «Zoolook», ce n’est pas une illustration de la musique, mais plutôt son prolongement. Il est dommage, d’ailleurs, qu’il ne passe plus à la télé.

Vous voulez dire qu’il est interdit de passage ?
Oui, mais par la maison de disque elle-même. En fait, la télévision refuse de payer aux maisons de disques les droits de passage des clips, ce qui est scandaleux. Imaginez que pour une émission comme «Bonsoir les clips», sur A 2, qui diffuse en moyenne une dizaine de clips tous les soirs, elle dispose, si on considère que le coût moyen d’un clip est de 400 000 francs, d’un plateau de 4 millions de francs au prix de l’électricité et du technicien qui met le magnétoscope en marche. Que la télévision française ne paye pas de droits de passage est une situation unique dans le monde. Et comme la TVA à 33% sur les oeuvres musicales !

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15 janvier 2014

Jean-Michel Jarre, les voies humaines (Article du 1/11/1984)

Les exégètes avertis étaient prêts à ricaner : le nouveau disque de Jean-Michel Jarre, «Zoolook», ne pouvait être qu’une répetition. Un bis d’ «Oxygène» et d’ «Equinoxe», deux 33-tours qui avaient fait, pourtant, le bonheur , des teen-agers. Jarre était classé, catalogué : informaticien de la musique, technicien hyperdoué. Il multipliait, bien sûr, les tubes. II en vendait sous toutes les latitudes: vingt millions de disques, chiffre record pour un Français. N’empêche, réticences. Nombreuses et persistantes. Comment Supporter cette étiquette « musicien de supermarché » ? Raidissement, fureur rentrée : «( C’est exactement ce que je souhaite. ) Silence, iI ne parle plus, ne s’explique pas davantage. S’enferme avec sa femme, l’actrice Charlotte Rampling, dans une superbe maison de campagne. Jarre boudeur. Cette fois, iI s’est agi de faire taire les « autres », tous ces « autres » si français et si rétifs au succès commercial. Alors, Jarre s’est remis en cause. Son nouvel album ne fait plus la part belle aux synthétiseurs-ordinateurs.
« J’en avais assez de travailler sur ces sons devenus classiques. Apres « La guerre des étoiles », « Goldorak » et la pub, cette musique était devenue galvaudée, indigeste. » Il a donc choisi de travailler sur des « matériaux humains ». Des voix. Piquées au magnétophone, avec la complicité d’un ethnologue, Xavier Bellenger . Jarre s’est installé dans la défroque et la fonction d’un paparazzi à l’aguet des images sonores apparemment les moins audibles et intelligibles à l’oreille de l’Occidental moyen : pygmée, tibétain, sioux, malais ou esquimau. «( Ensuite, explique-t-il, j’ai procédé à la sélection, et j’ai tout fait ingurgiter par un ordinateur. J’ai transformé puis mixé comme s’il s’agissait d’un instrument normal. ) Jarre n’a pas su, ou n’a pas pu, résister à cette passion tenace d’une musique conceptualisée et hypertravailIée. La tentative est ambitieuse. Jarre accepte le risque de désarçonner ses fans. Peu lui importe. Le jeune homme – 36 ans déjà – croit en son étoile, en ses réussites. Quand « Zoolook » sera inscrit aux différents hit-parades, rien ni personne ne pourra l’empêcher de repartir en bataille. Contre qui ? « La chapelle, la sainte trilogie Xenakis-Boulez-Ircam. » Le paparazzi se veut également justicier.

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