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14 janvier 2014

Jarre en laboratoire (Le Monde, 01/07/1980)

Il n’y a guère que Jean-Michel Jarre qui ait monté, ces dernières années, un spectacle aussi minutieusement préparé que ce fascinant « Mur ». Par des jeux de lumières autour des trois couleurs nationales, synchronisés avec la musique et d’immenses projections audiovisuelles sur le thème des libertés et de la Révolution de 1789, l'environnement était devenu une composante essentielle du spectacle, retransmis à la télévision, ce 14 juillet 1979. L'orchestration de l′image a partir des façades du ministère de la marine et de l′Hôtel Crillon – sans oublier la contreplongée offerte par la perspective de la Madeleine, – et le son quadriphonlque tournant à 360° sur toute la place de la Concorde grâce à quelque deux cents haut-parleurs, produisaient une multitude d’effets qu’aucun lieu fermé n’aurait, à l′evidence pu assurer.

:: En laboratoire ::
Pour Jean-Michel Jarre, qui prépare actuellement un autre spectacle destiné à la Chine, "le concert a été pendant long temps la seule manière pour les gens d’écouter de la musique et pour les musiciens de se faire entendre. Mais ceux qui vont aujourd’hui à un concert cherchent quelque chose qui leur apporte plus qu’un disque. C’est pourquoi il est urgent d’utiliser de manière créative de nouvelles techniques comme la vidéo, urgent aussi d’imaginer des mises en scène et de découvrir des endroits qui renouvellent les spectacles tels qu’on les a envisagés jusqu’ici." Cette evolution vers un travail de conception et de réalisation,qui sera de plus en plus effectué en « laboratoire », présente cependant l′inconvénient de rendre très hasardeuses les improvisations pendant la représentation elle-même. Une forme traditionnelle du contact avec le public qui disparaît. Mais l′enjeu en vaut la peine.

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13 janvier 2014

Les deux enfants de Jean Michel Jarre

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Emilie et David Jarre, les deux enfants du musicien. Emilie, née en 1976, est la fille de sa première femme Flore Guillard (ils se marient en 1975 et divorcent un an plus tard), et David, né en 1978 est le fils de Charlotte Rampling. À noter que David forme avec Ara, la fille de Philippe Starck, le duo folk-pop "The Two".

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Jarre : ça plane pour lui (L'Express, 01/01/1978)

Sur la pochette du second album de Jean Michel Jarre, « Equinoxe », qui vient de sortir, le dessinateur Granger a représenté une foule de spectateurs identiques, sans visage, rivés à leurs jumelles de théâtre devant une scène vide ? Que guettent-ils ? La courbe des ventes ? Elle devrait être excellente. « Equinoxe » reprend sans surprise la recette qui fit le succès mondial d’Oxygène au printemps dernier (1 million d’exemplaires en un an). De la belle musique électronique pour tout public, puisque, selon le mot de Jean Michel Jarre, « entre Sheila et Boulez il n’y a rien ». Ou plutôt si : un fabuleux « créneau » artistique et commercial.

Après des études au Conservatoire, Jean Michel Jarre, dont le père, Maurice Jarre, fait fortune depuis vingt ans à Hollywood dans la musique de films (« Docteur Jivago », « Lawrence d’Arabie »), participe au groupe de recherches de Pierre Schaeffer, puis décide de mettre au point une forme musicale contemporaine accessible à tous. D’emblée, il abandonne la lutherie traditionnelle pour n’utiliser que des synthétiseurs. Il écarte aussi le principe du concert. Jean-Michel Jarre enregistre dans son studio personnel plusieurs mélodies qu’il superpose ensuite en les mixant, la souplesse de l’électronique lui permettant d’obtenir tout le volume d’un immense orchestre fantôme. Certes, sa musique n’est destinée qu’au disque ou à la cassette, mais on ne demande pas à Georges Lucas de refaire sur scène « La guerre des étoiles », dit-il. La version d’Oxygène qu’il produira en 1979 à l’Opéra sera sans doute assez différente de celle que l’on connaît par le disque.

Toujours est-il que la musique de Jean Michel Jarre touche un public considérable. Elle est devenue un des éléments évidents du paysage moderne., comme les affiches aux tons pastels de Folon, les autoroutes à ivresse limitée. Musique d’ameublement («Pourquoi pas dit-il. Satie en écrivait de l’excellente»), musique d’ambiance, elle habille le journal d’Antenne 2, donne une couleur de fond aux émissions de radio, met une goutte d’huile partout où le silence risque d’accrocher. «Equinoxe» sera diffusé par la SNCF dans les gares, cet hiver, peut-être bientôt dans les avions d’Air France. Du train au transistor, de la télévision à l’autoradio, on peut désormais se plonger dans un bain continu denotes aériennes, fluides, unifiant tous les instants épars de l’existence : la musique planante industrielle est née.

Cultivée par de nombreux groupes pop, la musique "planante" est apparue sur le marché il y a quinze ans avec la "démocratisation" du haschisch. Grâce à l’électronique, des groupes comme Pink Floyd ont fait "planer" des salles entières. Et des millions de citadins se sont offert, sans un brin d’ "herbe", des vertiges d’astronautes en chambre entre les bafles de leur chaîne stéréo.

«Equinoxe», comme «Oxygène», offrent toutes les beautés sages de l’air conditionné. On y entend des vagues et des coups de tonnerre, des envolées symphoniques et des glouglous de plongeur, quelques minutes de ravissement céleste et un petit orchestre qui chavire comme dans un film de Fellini. On rêve, on voyage un peu, sans vraiment décoller. Des agronomes ont noté que des vaches à qui l’on fait entendre du Wagner amélioraient leur rendement laitier. Dans certaines usines, une musique convenablement rythmée donne du moelleux aux cadences des gestes. Quant aux supermarchés, ils savent depuis longtemps qu’une ambiance musicale apaisante lève bien des hésitations chez les acheteurs. Jean Michel Jarre cite volontiers l’exemple d’un gynécologue américain qui utilise « Oxygène » pour détendre ses patientes avant l’accouchement. "C’est un peu comme l’air froid dont se servent les dentistes pour anesthésier une dent". Quand la musique s’arrête, cela vous fait-il mal ?

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12 janvier 2014

Jean-Michel Jarre: sa musique ne doit rien à papa (Paris-Match, 01/01/1977)

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Ce n’est pas souvent drôle d’avoir un père célèbre, tous les fils à papa vous le diront. Tous, sauf Jean-Michel Jarre, fils de Maurice Jarre qui fait six musiques de films par an depuis vingt ans à Hollywood, où il connaît gloire et fortune : «Lawrence d’Arabie» et «Docteur Jivago», c’était lui. Son fils Jean-Michel, vingt-neuf ans, vient de faire des débuts éclatants, sans problème : son album «Oxygène» est premier au hit-parade européen, dans les tout premiers aux Etats-Unis et il a déjà reçu trois disques d’or. Bachelier à seize ans, licencié ès lettres, Jean-Michel Jarre, en même temps que ses études littéraires, a suivi les classes d’harmonie, de contrepoint et de fugue au Conservatoire de Paris.
Puis il s’est orienté vers la recherche musicale, dans le groupe animé par Pierre Schaeffer. Il y a découvert au-delà de la gamme traditionnelle, l’ensemble des sons qui forment notre environnement acoustique, base de la musique concrète. Il a été l’un des premiers en Europe à travailler sur un synthétiseur, cette étrange machine électronique à reproduire et transformer les bruits. Mais il s’est retrouvé dans une impasse.


Aussi, mieux qu’un titre, «Oxygène», c’est un programme : «Je veux que ma musique soit un bol d’air frais et doux. Je m’adresse à la sensibilité. Je ne veux pas faire une musique qu’on écoute la tête entre les mains.» Ce qui ne l’éloigne pas radicalement de la musique paternelle, bien qu’il affirme n’avoir subi aucune influence qu’une disposition héréditaire à charmer : "Mes parents ont divorcé quand j’avais cinq ans. Mon père s’est installé à Hollywood et je le voyais tous les deux ans. Nous nous rencontrons régulièrement, nos rapports sont excellents, mais ce sont des rapports d’ami à ami, pas de père à fils."
Un type de rapport qu’il cultivera bientôt avec David, deux mois, son fils, qui est aussi celui de Charlotte Rampling. David-charlotte-Jean-Michel se sont installés pour l’instant à Paris. David découvre la vie. Charlotte a décidé de se reposer après « Un taxi mauve », dont elle est la vedette féminine et Jean-Michel travaille évidemment à un deuxième disque qui sortira en septembre avec une innovation ambitieuse : le disque sera accompagné par une vidéocassette, un film réalisé aussi par Jean-Michel Jarre et qui sera la version image de la musique. Image et son comme papa.

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11 janvier 2014

La Concorde tricolore (Paris-Match, 15/07/1979)

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:: Article de Paris Match sur le Concert de la Concorde :: Paris bleu – blanc – rouge, la grande de la place de la Concorde pour le 14 Juillet était à annoncée 22 heures. Arriver à une heure et demie à l’avance était raisonnable. L’air était doux, et on pouvait espérer un endroit où on pouvait s’inslaller comodément. Mais non. Des rues convergent et des Champs-Elysées – jalonés par des vendeurs de saucisses et par les cars des forces de l’ordre se déversait une foule flâneuse qui trébuchait sur les innombrables super-prudents. Beaucoup étaient déjà assis à même les pavés. Certains étaient carrément allongés, faisant semblant de bronzer comme sur une plage surchargée. D’autres encore étaient debout, un peu hésitants, surtout les femmes à hauts talons, prêtes pour les bals de nuit. Au milieu, un malin vendait des canettes de bière dans un baquet d’eau fraîche. Près des barrières, des jeunes gens offraient contre 2 francs un quartier de pastèque.

:: Les nostalgiques de Woodstock ::
Parvenus en face de l'échafaudage encadré de deux panneaux ('Mairie de Paris" en rouge et "Europe 1" en bleu) tout espoir de confort minimum était perdu, d'autant plus que le public s’épaisslssait par flots. Un public détendu et hétérogène. Un peu comme à la Fête de l’Humanité : des familles traditionnelles, des couples jeunes et vieux des bandes de jeunes cadres bien coiffés, des nostalgiques de Woodstock. Avec, en plus nombre incroyable de cosmopolites et quelques habitués nocturnes des bosquets des Tuileries, venus prendre un bain d’innocence.

Restait donc à repartlr à contre-courant, attelndre la rue du Faubourg-Saint-Honoré pour tenter sa chance de I’autre côté de la place. La rue Royale était barrée. Les gendarmes, souriants, mals Incorruptibles, réslstaient aux sourires et aux sollicitations du genre : "Je veux seulement prendre un verre chez Maxim’s", Quant aux autres rues, elles étalent totalement engorgées, et la foule se déversail toujours. Restait donc à courir jusqu’à sa télévision pour la retransmlssion sur TF1 et en Eurovision. Après un faux départ, un long blanc meublé n’importe comment par le présentateur Claude Dufresne, on a entendu la musique de Jean-Michel Jarre qui a conçu l’ensemble du spectacle. Et surtout on l’a vu lui. On l’a vu manipuler ses consoles et ses synthétiseurs, ôter et remettre son casque, s’angoisser, fermer les yeux, prendre un air inspiré. On pouvait croire que Paris le fêtait. On a vu quand même la partie audiovisuelle, les images scandées au rythme de la musique, projetées sur les pierres des hôtels, des paysages, des animaux irréels, des gravures du temps, des photos d’aujourd’hui, des desslns genre Pop’art un petit peu désuets… Elles étaient montrées en gros plan ou se partageaient l’ecran avec Jean-Michel Jarre, et on ne se rendait pas compte de l’effet produit sur place. Mais trois gendarmes mobiles, interviewés sur Europe 1 – Qui diffusalt également la fête en direct, – ont declaré émus, qu’il "fallait le voir pour le croire". Et la soirée s’est terminée par un feu d’artifice sur les fontaines éclairées, fantastique, féerique, une grandloss splendeur. On n’a encore rien inventé de plus beau que ces joyaux d’un instant.

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