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06 février 2014

Concert de Lyon, 1986 (Claviers magazine, 1/1/1990)

DIMANCHE 5 OCTOBRE 1986 : LYON Trois mille cinq cents projecteurs, douze projecteurs d’images géantes (6 000 W de puissance), vingt-deux projecteurs de poursuite, huit skytrackers, six projecteurs DCA géants, trois rayons laser, quarante mille bombes et des poussières, cent talkies-walkies, deux cent cinquante mètres cubes de sono (quarante tonnes). Lorsque le concert commence, on oublie la fiche technique. Fourvière se prend pour Cinecitta, et le pape écoute un instant, rêveur, les voix de «Zoolook». Les lumières créent une architecture immatérielle, soulignent des embrasures de fenêtres, les balcons, la pente d’un toit, rétagement des maisons, les pavés d’une ruelle. Peintures éphémères et poétiques qui alternent avec les projections d’images, véritables flashes de la mémoire collective. Pour le public, le spectacle s’étend sur plus de deux kilomètres de longueur et six cents mètres de hauteur. La scène proprement dite, inondée de lumières et fumigènes, est le centre d’un ballet de faisceaux qui partent trouer le ciel.
Deux chorales et les musiciens de l’Opéra de Lyon entourent les synthésistes, le percussionniste et Jean-Michel Jarre, place devant un imposant clavier semi-circulaire qui lui permet de commander certains effets de lumière et de pyrotechnie. Comme à Houston, tous les musiciens sont guides par des ordinateurs IBM XT, véritable régie informatique qui fait défiler le compte à rebours du concert et déclenche le moment précis des interventions de chacun, parfaitement synchronisées avec les effets de lumières. Ovation de la foule, éruption volcanique de la colline qui ruisselle de fumigènes, rythme infernal des artifices, dont les détonations couvrent parfois la sono et font vibrer les vitres et les murs. Lyon devient Verdun-sur-Saône le temps d’une soirée et le car de Channel 80, a la fin du concert, est secoue par le bouquet final… De «Zoolook» à «Rendez-Vous», des «Chants magnétiques» à «Equinoxe», la musique se fond en une osmose parfaite avec le spectacle visuel. On oublie les aléas du concert, le son qui rebondit parfois sur les quais, le niveau affaibli par la déconnection accidentelle d’une partie de la sono…

C’est la fête totale, sans lendemain, la fièvre d’un dimanche soir qui transfigure le quotidien, le bonheur d’un élan collectif où l’on acclame d’une seule voix le pape et le magicien. Le concert de Lyon, comme la Chine et Houston, est un mélange de professionnalisme extrême et d’improvisation débrouillarde. Le bricoleur rencontre l’ingénieur, les services techniques de la municipalité déploient les grands moyens, tandis que la force économique d’une région entière se mobilise pour sponsoriser un concert gratuit, défiant les critères habituels de la rentabilité et du show-business. Un « civic event » à la française…

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17 janvier 2014

Jarre prêt pour les Minguettes (France Soir, 01/05/1989)

Il veut accompagner d’un concert l’implosion du quartier de Vénissieux.
Octobre 1988. Jean Michel Jarre rend un hommage à la Révolution avec un grand R. A sa façon : décors gigantesques dans les docks abandonnés de Londres, scène posée sur la Tamise justement agitée ce soir-là. Bouquets de lumière balayant le ciel furieux. Une danseuse japonaise évolue dans la tempête. Une chanteuse arabe vocalise sous la pluie. Hank Marvin, le guitariste des Shadows, se livre à un duo héroïque. La chorale des enfants de New Ham (lieu du concert) chante emmaillotée dans des gilets de sauvetage. Jean Michel Jarre articule (Ré-vo-lu-tion) et deux cent mille spectateurs oublient qu’il fait froid sur les rives de la Tamise ce soir-là.
« Ces deux concerts ont pris très vite des mesures apocalyptiques. Finalement comme si les dieux étaient avec nous, le miracle a opéré » dit aujourd’hui Jean Michel Jarre, ravi de se plonger dans les cartes postales visuelles du film que vous verrez ce soir sur Antenne 2 à 22 h 30, « Destination Docklands ». Un document qu’il présentera à 13 heures dans le journal de William Leymergie (A2).
« Je crois que c’est le film de mes concerts que je préfère. D’abord parce qu’il n’est pas un film de concert, un film tout court. » Fasciné par les images baignées d’une lumière particulière à cause de la pluie, Jean Michel Jarre a tenu à devenir assistant au montage. Dans la marche révolutionnaire, deux cents techniciens français, dix musiciens de rock, une partie du Philarmonic de Londres, Sari Bamba qui conduit les choeurs du Mali et chante solo sur « Dulcie September ». Dix-huit caméras vidéo se cachaient. Elles ont saisi les imprévisibles instants des deux événements éphémères.
Les concerts de Jarre sont devenus des voyages initiatiques dans l’espace et dans le temps. Après la Chine et les Etats-Unis, Jarre retourne sur le chemin de son école à Lyon, une première fois il y a deux ans. Le concert dans la ville des deux fleuves se déroule sous les yeux de Jean Paul II en visite. Le « bonsoir » du Pape tiendra d’ailleurs un rôle impromptu dans la bande du concert enregistré.
Les rythmiques du musicien n’accompagneront pas les défilés du 14 juillet cette année à Paris. « Je ne tiens pas à la symbolique du Bicentenaire, précise-t-il. Ce qui m’intéressait d’était de trouver un concept qui ne soit pas lié directement à 1989. »
Jean Michel Jarre planche désormais sur un nouveau projet aux Minguettes, ardemment soutenu par la ville de Lyon et son maire Michel Noir, le maire de Vénissieux, M. André Gérin, Charles Millon, président du conseil régional Rhône-Alpes, et Jack Lang, ministre de la Culture. Jarre a rencontré à ce sujet le ministre, hier, à Blois.
Septembre 1989, l’implosion des immeubles des Minguettes risque fort d’être accompagnée d’un grand concert… si le préfet de région revient sur son interdiction formulée vendredi. [Note du bloggueur : le concert n'aura jamais lieu] La reconstruction, pensée par un des quatre-vingt-dix architectes de renommée mondiale qui concourrent, sera visualisée d’une manière poétique. Le cardinal Decourtray, enthousiamé par cette idée, a estimé :
« Célébrer la transformation des Minguettes, c’est faire échec à l’échec. »
Dans ce site désolé, où les étages des dix tours inhabitées depuis six ans s’écroulent, un nouveau lieu architectural, plus humain et chaleureux, va s’animer :
« C’est la reconnaissance d’une nouvelle manière de pensée de la cité qui inclut une vision futuriste et sociale, dit Jean Michel Jarre. Nous allons fêter la mutation de la ville pour la reconstruire en lumière et en images.
L’implosion des immeubles en direct. L’événement musical et culturel intéresse déjà de nombreuses télévisions, des Etats-Unis à l’U.R.S.S. « Chacun a ses Minguettes dans le monde entier. »
Pour l’instant, Jarre prépare son « Champs-Elysées » de samedi. Un concert pour les cent de la tour Eiffel, en direct avec Drucker.

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22 décembre 2013

"Ma mère est une héroïne de la Résistance" (1987)

France pejot,résistance,Klaus Barbie,Jacques Verges,Lyon

"Jean-Michel Jarre", chez Orban, est un très bel album avec des photos signées Charlotte Rampling, Helmut Newton, Armand de Wildenberg et des textes de Jean-Louis Remilleux. Il permet de revivre la magie de tous les concerts de Jean-Michel. Sort également un 33 tours rassemblant les meilleurs morceaux de ses concerts de Houston et de Lyon mais recréés en studio à partir des versions originales.

C'est France Jarre qui, la première, a accueilli Jean Moulin lorsqu’il est venu à Lyon, puis elle a été déportée a Ravensbnick. A2 a invité son fils dans toutes ses émissions et journaux, et diffuse son concert lyonnais en stéréo avec NRJ.

"Pardonnez-lui, cela fait trois jours qu’il ne dort pas…" En l’absence des propriétaires de céans – Jean-Michel sera de retour dans queIques minutes, Charlotte (Rampling) est au Texas où elle tourne un film policier et les enfants, Barnabé, Emilie et David, sont en classe – une pétillante dame très brune fait les honneurs de la maison de Jean-Michel Jarre, à Croissy, près de Paris. "C’est la dernière fois que I’on photographie le mobilier 1950 de Jean-Michel et de Charlotte. Le mois prochain, ils vont tout refaire." France Jarre, la mère de Jean-Michel, ne parait pas fâchée de voir disparaître les tables de formica et les lampes à abat-jour de plastique. "Savez-vous que c’est probablement à ma mère que je dois d’avoir eu l'envie de mon grand concert à Lyon, lors de la visite du Pape à l’automne 1986 ?", précise Jean-Michel.

:: L'inventeur du pick-up Teppaz ::
II est né a Lyon, en août 48, à l’hôpital de la Croix Rousse: "C’est grâce à ma mère, d’une vieille famille lyonnaise, et à mes grands-parents Jarre, eux aussi lyonnais, que j’ai gardé de très profondes attaches avec cette ville. Je n’y ai pas grandi puisque ma mère m’a élevé seule, modestement, à Vanves, mais j’y ai passé mes vacances jusqu’à l'adolescence." Jean-Michel se souvient qu’enfant, il était fasciné par les boutiques d’antiquités que tenait, à côté de celle de sa mère, aux Puces, le frère de Boris Vian. "Mes instruments – clavier à images ou harpe laser sont directement héritiers de son orgue à parfums ou de son violon trompette." Héritiers aussi de cette console de mixage dont son grand-père, André Jarre, fut I’inventeur avant de mettre au point le premier pick-up portable Teppaz. "Son atelier était pour moi une caverne d’Ali Baba où je passais des journées entières pendant mes vacances. Le concert de Houston : avec un million trois cent mille spectateurs, était impressionnant par ses dimensions. Celui de Lyon, lui, m’a particulièrement ému. Vous vous rendez compte la scène se trouvait exactement à I’endroit où ma grand-mère allait faire son marché. Mes grands-parents habitaient cours de Verdun. De la fenêtre, on voyait les boulistes. Maintenant, tout est bétonné."

Ce béton, qui a gangréné la ville et dont l'invasion a coïncidé avec la disparition de ses grands-parents, a tenu Jean-Michel quelque temps éloigné de sa ville natale. Mais l’empreinte restait puissante. "Quand j’ai su que le pape allait venir à Lyon, j’ai aussitôt sauté sur l'occasion que m’offrait I’actualité pour faire connaître cette ville particulièrement complexe et attachante. Lyon est à la fois très religieuse et très franc-maçonne. C’est une ville très florentine et très européenne, de par sa position de carrefour entre l’Europe latine et l’Europe du Nord. C’est, enfin, une ville du passé tournée vers le futur. Et en pleine actualité avec la visite du Pape, puis aujourd’hui, avec le procès Barbie." Un procès que la mère de Jean-Michel suit avec beaucoup d’attention. "Au début de la guerre, elle tenait un commerce de lingerie féminine, La Lingerie pratique, et c’est une héroïne de la Résistance. Lorsque Jean Moulin est venu à Lyon, c’est elle qui, la première, l'a accueilli. Trois fois arrêtée, elle a été trouvée la troisième fois – quinze jours avant la Libération de Paris – en possession de tous les plans de l’insurrection à Paris. Elle a été déportée à Ravensbrück dont elle n’est revenue qu’un an plus tard."

:: La médaille de De Gaulle ::
Dès 1942, France Jarre recevait de Londres sa médaille de la Résistance que Charles De Gaulle lui avait fait envoyer et qu’elle reçut d’un parachutiste. Elle devait être la première femme résistante ainsi récompensée: "Ma mère redoute un peu le 'cirque' que Verges crée autour de ce procès, mais contrairement à d’autres, elle estime que ce procès est indispensable. En ce qui me concerne, je pense qu’en dépit des révélations choquantes et scandaleuses que risque de faire Verges, et qui viseront à salir des résistants et même, je crois, des Juifs, notre époque, et les jeunes surtout, est assez adulte pour s’accommoder d’une vision de I’Histoire moins monolithique que celle qui nous a été enseignée à nous." C’est parce qu’il pense, aussi, que le troisième millénaire sera celui de l’intégration du passé et du modernisme le plus avancé, que Jean-Michel Jarre a pour prochain projet la réalisation d’un concert-show à Londres, dont les anciens docks réaménagés accueillent, dans ce qui fut le coeur de l'Angleterre du passé, les industries et les installations les plus révolutionnaires: "Le concert, expliquait-il, aura lieu en septembre. II ne me reste plus que trois mois pour écrire la musique et monter le spectacle. Je cours sans cesse après le temps, surtout en ce moment, mais la journée d’Antenne 2 me satisfait pleinement. Rendre compte à la fois de l’actualité et des émotions qu’elle suscite en moi, c’est précisément la raison d’être de mes spectacles où je mêle différentes formes d’expression, images, musique et sons." Il y a, dans le programme d’été de Jean-Michel Jarre, beaucoup de nuits blanches en vue. Car celui que la presse a sacré "pape de la musique futuriste", et qui a conquis le monde avec trente millions de disques vendus, est avant tout un passionné…

Article rédigé par Martine Bourrillon dans Télé 7 Jours le 1er juin 1987.

12:25 Publié dans Interviews / Presse | | Tags : lyon, 1987, maman |  Facebook | | |

01 novembre 2013

JMJ offre ses services pour l'inauguration du Stade des Lumières à Lyon

Lyon,stade des lumières,2015
Le président du club de l'Olympique lyonnais, Jean-Michel Aulas, a rencontré Jean Michel Jarre au Festival Lumière de Lyon il y a quelques jours. Il y aurait eu duscussion autour de la possibilité que Jean Michel fasse un concert d'inauguration pour le grand stade de football, dit "Stade des lumières". Ce n'est qu'une rumeur à ce stade (très drôle, n'est-ce pas?) et l'inauguration du lieu est prévue le 8 décembre 2015.
(Source 1)
« J’ai la proposition d’un très grand artiste, Jean-Michel Jarre, d’organiser quelque chose de magnifique à cette occasion », a précisé Jean-Michel Aulas.
(Source 2)

08:29 Publié dans Gossip | | Tags : lyon |  Facebook | | |

12 août 2013

Interview de Francis Rimbert (1990)

Interview à Claviers magazine en janvier 1990 de Francis Rimbert, fidèle parmi les fidèles de ses collaborateurs sur toutes les scènes du monde depuis Houston en 1986.


1990,francis rimbertComment les techniciens américains vous ont-ils reçus à Houston?
Francis Rimbert : Il y avait les plus grands professionnels du monde entier, et nous on arrive avec nos Eminent qui se désaccordent, les prises MIDI qu'on a publiées à la maison, les cassettes de sons qui se sont effacées à la douane… Les Américains nous ont d'abord pris pour des cinglés, quand ils ont vu ce qu'on déballait… Le Jupiter-6 tenait avec deux vis. Pour le faire marcher, je l'ouvrais et lui donnais un coup de poing : il y avait une broche qui ne marchait pas… Ils venaient avec des fers à souder : "Non, non, on tape là, c'est tout." Dès qu'on a commencé à travailler avec eux, ils arrivaient avec leurs consoles : "Au niveau des reverbs de retour, il y a des Lexico, tu en veux combien, sept, huit?" Quelle que soit ta musique, ils font un travail pro…

Quels sont les rapports entre Jean Michel et ses musiciens?
F.R. : On se comprend à demi-mots. C'est un aristocrate. C'est pas l'ambiance musicos, les grosses bouffes, les soirées jusqu'à cinq heures du matin dans les petits bars, etc. avec Jean Ichel, c'est dix fois mieux. Je l'appelle "le Boss" par antiphrase. Il ne pique jamais de crise de nerfs, je ne l'ai jamais vu craquer. même à Docklands… On n'a pas le son, on a des problèmes de connexions… Jean Michel arrive : "Pas de problème, on va te mettre tel synthé, et te le brancher." Il y a une ambiance super. Jean Michel respecte chacun, nos façons de travailler, notre humour, notre conception des synthés… Il sait préserver notre indépendance et notre tempérament, il veut bien qu'on s'exprime et il est prêt à accepter l'idée d'un chorus, mais en même temps, il ne veut pas changer… Il te dit par exemple de faire un arrangement, mais au moment où tu vas le faire, le maître revient : "Non, mais attend, là cela change trop, tu ne peux pas refaire ce son-là?" Tu refais le son et tu reviens à ce qu'il avait fait, et qui était parfait.

Et le concert des Docklands?
F.R. : Je pense que ce fut le concert le plus dangereux. Quand on est montés sur scène, je vois arriver Jean Michel sur sa barque. On était avec Jo Hammer dans un coin, sous la pluie. Jean Michel monte. On a cru qu'il allait nous dire : "On annule tout." Il a dit : "On est en retard, il faut y aller." Tout pétait de partout, et lui : "Pas de problème." On a déliré avec Sylvain Durand, qui avait un petit ocarina. Dès qu'on avait fini les répétitions, on allait dans le seul pub ouvert. Moi, j'avais un petit sax Casio. On s'amusait comme des fous, on jouait "Oxygène"… Je m'étais acheté un nez rouge et des gants et on déboulait dans le pub, On se faisait payer des bières… On était dans un état… On s'est fait des copains!

Et Lyon?
F.R. : Lyon, c'était sympa et familial, beau temps, le pape qui a chauffé la foule : "Je vous envoie en mission…" Il y avait aussi le syndrome de la bombe… On était hyoersurveillés. Il y avait des grilles en ferraille avec des projecteurs s'allumaient. Quand ils te balancent cette sauce qui t'arrive dans l'œil, c'est hyperdur, cela te fait mal. Il y avait des gens qui grouillaient sous la scène, ils étaient tous en train de chercher la fameuse bombe. Malgré le volume sonore, j'entendais ce qu'ils disaient. "Alors, tu l'as vue? La bombe? Non, la clé de 12. Oui, elle est là… La bombe? Non, la clé de douze." C'était énervant…

Pour les synthés, tu as connu ceux de la première génération… Comment vois-tu leur évolution, de manière rétrospective?
F.R. : Pour moi, la principale révolution, c'est le MIDI : c'est ce que j'attendais, avec les possibilités de synchro, les séquences et l'enregistrement multipiste. je crois qu'on est encore au début du synthé. Le faut que l'on puisse agir de moins en moins en temps réel, c'est débile. Le point sensible, c'est l'interface entre la machine et l'homme. Un ARP 2600 est plus facile à programmer qu'un M1… Les workstations, ce sont des orgue-meuble d'il y a dix ans… Le sampling, finalement, nous a fait faire machine arrière, même si j'ai été le premier à me jeter dessus. Je me suis laissé séduire par les sons d'imitation, les beaux violons. Grâce au sampling, tous les musiciens de bal ont viré leur trompettiste! Mais je vois des signes encourageants : la resynthèse.


Propos recueillis par G.D.